Hommage à Jacques Brel
J’avais environ 20 ans quand j’ai découvert
la musique de J.B. Avant cela, je ne connaissais que quelques morceaux
de son répertoire, sans d’ailleurs savoir qui en était
l’auteur : je me souviens avec un plaisir tout particulier de
la version instrumentale du Moribond, interprétée par
l’orchestre Radiosa sous la direction de Mario Robbiani, que la
Radio de la Suisse Italienne diffusait assez régulièrement
vers midi.
Quand j’ai commencé à explorer systématiquement
le répertoire du chansonnier belge, grande a été
ma surprise de découvrir que beaucoup de ses œuvres m’étaient
familières avant même de les connaître. J’ai
alors réalisé qu’une atmosphère brélienne
imprégnait la musique de Fabrizio De André, de Paolo Conte,
de Enzo Jannacci, de Giorgio Gaber et de nombreux autres auteurs italiens
que j’aimais. Découvrir Brel m’a donc permis d’entreprendre
un voyage à la recherche des racines de la chanson européenne,
qui m’a mené vers Brassens, Trenet, Vian et bien d’autres,
et qui a été à l’origine du premier CD du
groupe (« Accordion Project », MAP, 2003).
Lorsque nous avons commencé à envisager une deuxième
production discographique, quelques chansons de Brel – les plus
fameuses – faisaient déjà partie de notre répertoire.
Il nous a donc paru naturel de nous plonger davantage dans l’œuvre
de l’auteur du Plat pays, en la revisitant – comme nous
l’avions déjà fait lors de la préparation
du premier disque - à la lumière d’une lecture oscillant
entre musette et jazz, inspirée tant par Charlie Parker qu’Edith
Piaf.
A côté des morceaux de Brel, cet enregistrement offre au
public la possibilité de découvrir un certain nombre de
compositions originales des membres du groupe et qui sait d’y
trouver quelques traces du grand Jacques: la leçon n’aura
pas été inutile.
Traduction de Claire Fischer Torricelli